Le point sur les dangers du compteur Linky

Depuis son déploiement, le compteur intelligent suscite de la méfiance et des interrogations : existe-t-il des dangers liés à Linky ? Quels sont-ils ? Des plaintes de clients aux réponses des experts et des acteurs du projet, il convient de faire le point sur les différents phénomènes rattachés au compteur communicant.

Débat sur l’existence possible d’ondes cancérigènes

C’est d’abord en raison de son éventuel impact sur la santé que le compteur Linky est décrié. Ainsi, selon certaines associations de défense des consommateurs, les ondes qu’il émettrait seraient potentiellement cancérigènes pour les utilisateurs. La faute en reviendrait à l’utilisation du « courant porteur en ligne » (CPL). Le CPL, qui permet de transmettre les informations sous forme de signal électrique, générerait des perturbations électromagnétiques. Or, celles-ci sont considérées comme « peut-être cancérigènes pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Néanmoins, l’étude du CIRC ne dispose pas d’indications suffisantes pour conclure que les champs électromagnétiques des radiofréquences sont cancérigènes pour l’homme.

De son côté, Enedis (ex-ERDF) affirme qu’il n’y a pas de dangers issues du compteur Linky pour la santé, puisque la transmission des données du compteur s’effectue avec le CPL, et non par des radiofréquences. Le gestionnaire de réseau précise que l’émission des données du Linky ne dure que quelques secondes la nuit. Il rappelle aussi que l’emplacement de l’appareil ne se situe pas dans un lieu de vie de l’habitation, mais dans un placard, voire un garage.

La controverse autour de ce sujet va encore plus loin et dépasse le seul danger autour du compteur Linky, car elle porte désormais sur l’ensemble des nouvelles technologies, jugées nuisibles pour la santé. Tout le monde est ainsi aujourd’hui exposé, au quotidien, aux ondes avec le wi-fi, la téléphonie sans fil, le Bluetooth et les CPL, qui permettent de connecter des objets à Internet. Le débat est donc loin d’être clos.

danger linky sante

Existe-t-il vraiment des risques incendie ?

Autre sujet d’inquiétude : la technologie utilisée par les compteurs intelligents majorerait les risques d’incendie. L’identification de ce danger lié à Linky se base sur huit cas d’incendie, recensés parmi 300 000 compteurs Linky testés. Et cela sur une période de cinq ans, correspondant à la phase d’expérimentation. Enedis se défend en expliquant que ce genre d’incident est dû à une mauvaise installation du compteur, et particulièrement à un défaut de serrage, propre à déclencher un court-circuit. Pour pallier ce risque, la compagnie assure que des formations spéciales sont dispensées aux techniciens du réseau. Par ailleurs, chaque entreprise de pose est contrôlée régulièrement, ainsi que les compteurs Linky déjà installés. Enedis rajoute qu’aucun appareil électrique n’est à l’abri du risque et qu’un départ d’incendie peut également survenir sur un compteur traditionnel. Son porte-parole explique aussi que l’origine d’un incendie provient plutôt d’un problème lié au réseau d’électricité intérieur du logement.

Malgré ces explications, le doute subsiste. Ainsi, aujourd’hui, lorsqu’un incendie se déclare dans un foyer doté du compteur intelligent, les suspicions entourant les dangers du Linky refont surface. Les anti-Linky pointent aussitôt du doigt la responsabilité de l’entreprise. En dernier ressort, seuls les experts et les études en cours pourront établir la réalité des risques d’incendie attribuables à ce compteur communicant.

compteur linky incendie

Intrusion du compteur Linky dans la vie privée

La récolte des données personnelles par Enedis, via les compteurs connectés Linky, est source de nouvelles controverses. Ressentie comme un danger du Linky par certains clients, la collecte des habitudes de consommation est pourtant l’une des vocations premières de cet appareil intelligent. Enedis et tous les acteurs de ce projet souhaitent ainsi mieux comprendre la consommation d’électricité des Français, afin de leur proposer les solutions les plus adaptées. De leur côté, les clients peuvent envisager de réaliser des économies en analysant leur propre consommation. Ce programme ambitieux pose cependant un problème majeur : la confidentialité et le respect de la vie privée des consommateurs. Ainsi, par crainte du piratage de leurs données par des hackers et de leur utilisation par des tiers, beaucoup de Français demeurent réticents sur le principe.

En étroite collaboration avec la CNIL (Commission nationale de l’Informatique et des Libertés), il a donc été décidé ce qui suit :

  • Linky ne peut collecter des données détaillées qu’après l’accord du consommateur ;
  • la durée de mémoire de Linky ne dépassera pas un an ;
  • la transmission des données peut être coupée à tout moment par l’utilisateur.

Enedis rassure aussi ses clients sur la manière de collecter les données :

  • protection optimale, grâce à un dispositif de sécurité ;
  • transmission une seule fois dans la nuit ;
  • cryptage avant la transmission pour empêcher toute action frauduleuse.

Des interférences perturbantes

Certains consommateurs se seraient plaints d’un dysfonctionnement de leurs compteurs Linky, affectant leurs appareils ménagers. Lampes de chevet qui s’allument et s’éteignent toutes seules, plaques à induction qui se mettent en sécurité ou mauvaise réception de la télévision sont ainsi autant de phénomènes étranges qu’ils imputent au compteur intelligent. Ce danger Linky viendrait-il de l’utilisation du CPL qui émettrait trop d’ondes simultanément et induirait une incompatibilité électromagnétique ?

Les experts du groupe Enedis répondent que seuls des objets ne correspondant pas aux normes européennes peuvent créer ce genre d’interférences. Ils prennent pour exemple des appareils électroniques importés d’Asie, dont la fabrication n’est pas conforme à la norme européenne et dont les CPL sont enclins à empiéter sur la fréquence du CPL Linky. Pour éviter un quelconque danger du Linky, l’utilisateur qui constate des pannes de sa domotique, dues au compteur communicant, doit en avertir immédiatement Enedis. Un technicien est alors envoyé dans les plus brefs délais pour vérifier l’installation, ainsi que la configuration de la bande de fréquence des équipements.

Néanmoins, ces interférences perturbantes n’ont fait l’objet que de rares plaintes. L’ANFR (Agence nationale des fréquences) a d’ailleurs conclu, après étude, que le compteur Linky émet moins d’ondes électromagnétiques qu’une perceuse électrique sans fil, qu’une plaque de cuisson à induction ou que la connexion d’une prise babyphone.